Marijana Veljovic, l’arbitre serbe qui ne cède pas aux stars

En juin 2026, au quatrième tour de Roland-Garros, Marijana Veljovic est descendue de son fauteuil pour s’interposer entre Frances Tiafoe et Jaime Faria, qui commençaient à se chercher entre deux points. « This has to stop, all of this », a lancé l’arbitre serbe. Les deux joueurs se sont calmés et la rencontre a repris, avant que Tiafoe ne l’emporte au bout de quatre heures.

À 39 ans, la Serbe figure parmi les arbitres de chaise les plus expérimentées du circuit. Elle est titulaire du badge d’or de la Fédération internationale de tennis, la plus haute accréditation du métier, depuis 2015, et a officié sur les grands courts de Melbourne, Londres et Paris.



Qui est Marijana Veljovic ?

Née en 1987 à Kragujevac, en Serbie, Marijana Veljovic a suivi sa première école d’arbitrage à Belgrade en 2008, où elle a terminé en tête de sa promotion. Elle commence à officier à l’étranger dès 2010, grâce à un programme d’échange de la fédération serbe.

Elle décroche ensuite son badge de bronze en 2011, l’argent en 2013, puis l’or en 2015. À ce niveau, elle rejoint le cercle restreint des femmes habilitées à diriger des matchs du Grand Chelem.

Des finales de Grand Chelem au compteur

Dès 2018, elle compte déjà huit éditions de Wimbledon à son actif. Depuis, on la retrouve sur les rencontres les plus suivies :

  • Open d’Australie 2018 : finale dames entre Caroline Wozniacki et Simona Halep
  • Wimbledon 2019 : finale dames, remportée par Halep face à Serena Williams
  • Roland-Garros 2025 : finale dames entre Aryna Sabalenka et Coco Gauff
  • Jeux olympiques de Paris 2024 : un match d’Alexander Zverev

À Wimbledon 2025, pendant la demi-finale entre Carlos Alcaraz et Taylor Fritz, elle a interrompu le jeu à deux reprises pour faire intervenir les secours auprès de spectateurs souffrants, tout en gardant le contrôle de la rencontre.

Marijana Veljovic et les joueurs français

Le public français l’a vue de près à plusieurs reprises. En 2020, à Roland-Garros, elle est dans le fauteuil quand Hugo Gaston sort Stan Wawrinka au troisième tour, l’un des grands moments tricolores de l’édition. La même année, elle arbitre Fiona Ferro face à Sofia Kenin. En 2021, elle dirige le premier tour entre Jo-Wilfried Tsonga et Yoshihito Nishioka.

Les matchs qui ont fait parler d’elle

Quelques épisodes face à des grands noms ont retenu l’attention bien au-delà du court.

À l’Open d’Australie 2020, Roger Federer lâche un juron pendant son quart de finale contre l’Américain Tennys Sandgren. Elle lui inflige aussitôt une violation de code pour obscénité audible. Le Suisse demande ce qu’il a dit, elle refuse de le répéter. Le même soir, la joueuse canadienne Eugenie Bouchard commente le match sur les réseaux sociaux, sans un mot pour la décision : « the umpire in this roger/tennys match is super pretty » (« l’arbitre de ce match est très jolie »).

La même année, l’ancien champion Boris Becker, alors commentateur à la télévision allemande, glisse à son sujet : « vous la mangez avec les yeux ». La journaliste Petra Philippsen lui rappelle aussitôt qu’on est en 2020, et la remarque déclenche une vague de réprobation en ligne.

En 2023, à l’Open d’Australie, Rafael Nadal, agacé par ses décisions, lui exprime ouvertement son mécontentement lors d’un échange tendu sur le court. Et en juin 2024, à Roland-Garros, pendant la demi-finale entre Casper Ruud et Alexander Zverev, son regard vers Ruud sur une décision de ligne est filmé par les caméras et largement relayé, surtout aux Pays-Bas, où plusieurs médias y voient un regard admiratif.

Une arbitre qui défend la place des femmes

En marge de la finale de Coupe Davis 2018, qu’elle arbitre aux côtés du Britannique James Keothavong, Marijana Veljovic se réjouit de voir les femmes appelées à diriger des matchs de plus en plus importants. « C’est formidable que notre sport nous permette cela », confie-t-elle.

Elle décrit un métier bien plus large que la simple annonce du score :

  • Rester synchronisée avec son équipe et les juges de ligne
  • Surveiller les tribunes en permanence, pour réagir vite si un spectateur fait un malaise
  • Gérer la psychologie de joueurs sous tension, parfois à vif

Elle a aussi souligné que les femmes restent bien moins nombreuses que les hommes dans l’arbitrage de haut niveau, environ trois fois et demie, et encouragé les plus jeunes à se lancer. Pour elle, le niveau doit primer sur le sexe de la personne qui tient le fauteuil.

Sur le circuit, elle reste aujourd’hui l’une des arbitres les plus sollicitées, présente aussi bien sur les finales que sur les matchs à haute tension.

Caresse Gauvin
Caresse Gauvinhttps://franzire.fr/
Caresse Gauvin est journaliste depuis plus de onze ans. Formée dans la presse locale, elle lance ce 19 juin 2026 Franzire, le site d'actualité généraliste qu'elle dirige depuis Strasbourg. Son terrain de prédilection reste l'actualité des célébrités, des portraits et biographies de personnalités jusqu'aux coulisses qui font parler, mais sa rédaction traite toutes les grandes rubriques d'un média national, à commencer par la société, le sport, l'économie, la culture, l'international, la tech et les médias, sans oublier les tendances qui rythment l'actualité du jour. Principale signature et rédactrice en chef de Franzire, elle travaille avec une équipe de rédacteurs et de documentalistes chargés de vérifier chaque information et de remonter aux sources avant toute publication. Installée en Alsace, elle couvre la France et le monde avec la même exigence de fiabilité, en choisissant toujours l'information vérifiée plutôt que la rumeur.

Articles Similaires

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les Plus Lus