Visage familier des gradins, la mère du numéro un mondial n’a jamais accordé d’interview. À quelques jours de Wimbledon, une question demeure : sera-t-elle dans la loge ?
Siglinde Sinner, la mère de Jannik Sinner, est l’une des rares proches du numéro un mondial à rester totalement à l’écart des médias. On la connaît surtout pour ses réactions dans les tribunes, filmées match après match depuis deux saisons. Le 28 mai 2026, quand son fils s’est écroulé au deuxième tour de Roland-Garros, victime de vertiges alors qu’il menait deux sets à rien contre le 56e mondial, aucun journal italien ou français n’a indiqué si elle se trouvait dans le stade.
Sommaire
D’un refuge de montagne aux courts du Grand Chelem
Bien avant que son fils ne devienne numéro un mondial, Siglinde travaillait comme serveuse au Rifugio Fondovalle, un refuge du Val Fiscalina, au Tyrol du Sud. Son mari, Hanspeter Sinner, que la presse appelle aussi Johann, y était cuisinier. C’est là qu’ils se sont rencontrés. La famille vient de Sexten, un village germanophone des Dolomites, à deux pas de la frontière autrichienne.
Les rôles ont évolué avec la carrière de leur fils. Hanspeter cuisine désormais pour l’équipe de Jannik sur le circuit. Siglinde, elle, gère la maison d’hôtes familiale, Haus Sinner.
Jannik est né le 16 août 2001 à San Candido, et l’allemand est sa langue maternelle. Il a un frère aîné, Mark, dont l’histoire reste peu connue. Le quotidien italien Il Messaggero a rapporté qu’il avait été adopté à Rostov-sur-le-Don, en Russie, à l’âge de neuf mois. Dans un entretien au journal Alto Adige, Mark a expliqué que ses parents l’avaient adopté alors qu’ils pensaient ne pas pouvoir avoir d’enfants. Jannik est arrivé deux ans plus tard. Mark travaille aujourd’hui comme instructeur à l’école des pompiers de Vilpiano, près de Bolzano.
| Fiche | |
|---|---|
| Nom | Siglinde Sinner (née Rauchegger, selon Wikipédia) |
| Rôle | mère de Jannik Sinner, numéro un mondial du tennis |
| Origine | Sexten, Tyrol du Sud (Italie), zone germanophone |
| Date de naissance | non communiquée |
| Ancien métier | serveuse au Rifugio Fondovalle, dans le Val Fiscalina |
| Aujourd’hui | gère la maison d’hôtes Haus Sinner |
| Famille | épouse de Hanspeter (Johann) Sinner, cuisinier ; mère de Mark et Jannik |
Le jour où la mère de Jannik a quitté le stade
En mai 2025, pendant le Masters 1000 de Rome, un journaliste de la Gazzetta dello Sport l’a aperçue dehors, en train de marcher le long du Tibre, alors que le match de son fils était encore en cours. Elle lui a expliqué sa façon de faire :
« À la fin du premier set, je suis sortie et je suis allée faire un tour dans les environs en attendant la fin du match. Je préfère normalement rester devant la télévision. »
Cette habitude passe souvent pour de la nervosité. On peut pourtant la lire autrement : quitter une salle au bon moment, c’est aussi une forme de contrôle. Après des années passées à servir en salle, où il faut rester calme quand tout s’accélère, Siglinde choisit simplement les matchs, ou les bouts de match, qu’elle veut suivre.
Rome, Paris, Wimbledon : présence et résultats
Jannik lui-même est revenu sur le sujet. Après son sacre à Wimbledon, en juillet 2025, il a rappelé une drôle de série :
- À Rome, en mai 2025, sa mère était présente : il a perdu.
- À Roland-Garros, en juin 2025, elle a assisté à la finale contre Carlos Alcaraz : il a encore perdu, après avoir manqué trois balles de match.
- À Wimbledon, en juillet 2025, elle est arrivée à Londres le matin même de la finale : il a gagné.
Avant la finale londonienne, il s’était dit, à moitié sérieux, que c’était peut-être la « dernière chance » de sa mère, après les revers de Rome et de Paris. Elle est venue quand même, et il a battu Alcaraz, mettant fin au règne de l’Espagnol, vainqueur des deux éditions précédentes à Londres. Son frère Mark était dans la loge ce jour-là, alors qu’il avait préféré suivre un Grand Prix de Formule 1 plutôt que la finale de Rome, plus tôt dans la saison. En août 2025, une photo de Siglinde raquette en main, en tenue d’entraînement, a circulé et amusé les réseaux sociaux.
L’idée d’une mère porte-malheur n’a pas tenu longtemps. En mai 2026, à Rome, elle a passé une bonne partie de la finale le visage caché dans les mains, puis a quitté le stade tant la tension était forte. Son fils a gagné quand même, contre Casper Ruud, devenant le plus jeune joueur à remporter les neuf Masters 1000 au cours d’une carrière. Sa présence n’explique donc pas les résultats.
La question avant Wimbledon 2026
Onze jours après ce titre romain, Jannik s’est écroulé à Roland-Garros. Il a ensuite passé des examens médicaux pour comprendre son malaise, puis a fait l’impasse sur les tournois de préparation sur gazon pour s’entraîner à l’écart. Wimbledon, qu’il a remporté l’an dernier, démarre le 29 juin. Carlos Alcaraz, forfait sur blessure, n’est pas là, ce qui dégage un peu la route de l’Italien.
Pendant deux saisons, les caméras ont cherché le visage de Siglinde dès que son fils vacillait. Cette fois, la question dépasse le sport. Après le malaise de Paris, c’est l’état physique de Jannik qui inquiète. On saura vite si sa mère fait le déplacement jusqu’à la loge du Centre Court, et ce qu’elle décidera d’en montrer.

